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Ma vie dans un coin perdu du Guatemala

 
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Perrine au Guatemala
Invité





MessagePosté le: Dim, 14 Mai 2006 12:27 am    Sujet du message: Ma vie dans un coin perdu du Guatemala Répondre en citant

Coucou a tous !
Me revoila, en vie, en bonne sante, et super contente !

Eh oui, tout va tres bien pour moi ! J'ai tellement de choses a raconter que je ne sais pas par ou commencer...

Le village ou je vis compte moins de 3000 habitants, dont la majorite sont des enfants. Donc c'est quand meme assez grand en fin de compte. Il y a plusieurs boutiques ou on trouve l'essentiel, mais pas d'antimoustique par exemple. Comme j'etais (deja) a cours et que je suis libre le week-end, j'ai eu la "permission" d'aller en ville en camionette, toute seule comme une grande. Et du coup, j'en profite pour vous donner des nouvelles.
Mon village est situe le long d'une grande route TRES poussiereuse. Les habitants se connaissent tous ou presque, et vivent quasi en autacie: chacun a ses poules, le plupart des chevaux, des vaches et des cochons egalement, et tout ce petit monde vit conjointement dans la plus parfaite harmonie. C'est ainsi que je croise souvent des animaux en liberte et sans aucun lien ou corde (meme les chevaux, Antje!) dans les quelques rues du village. Quant aux poules, elles vivent carrement dans la maison la journee, et faut regarder ou on met les pieds pour ne pas ecraser un oeuf fraichement pondu au milieu de la salle a manger.
Les habitants ont aussi quasi tous un potager ou des arbres fruitiers, genre cocotier ou bananier. Bref, ils ne vont pas souvent en ville, et donc moi non plus.

Dans le registre des plaintes, les aspects les moins charmants du village sont:
1) toutes les bebetes qui piquent et qui s'en donnent a coeur joie avec moi, au point que ca impressionne tout le monde que les 3 moustiques visibles de la piece s'acharnent sur moi et sur personne d'autre. D'ailleurs, mes jambes couvertes de piqures (malgre l'antimousitque - mais j'ai pas encore teste toutes les marques qui existent ici) fascinent tous mes amis d'ici. C'est bete, car sans piqures, mes jambons de marche sont au top de la beaute dans le coin. Pour une fois que mes gros mollets sont admires... ;o) Autant a Antigua, c'etaient mes mains qui semblaient avoir la varicelle; autant ici, ce sont mes jambons qui sont un phenomene de foire. Et je n'ai que 4 piqures sur la partie superieure de mon corps. Allez donc comprendre qqch aux gouts des moustiques.
2) les camions ne sont pas non plus mes amis. J'habite a cote de la grosse route principale, qui est a deux voies, et quasi toute droite. Et tres poussiereuse, au point qu'on a l'impression qu'il y a un peu de brouillard. Sur cette charmante route caillouteuse passent plusieurs camions a partir de 5h du matin. Entre le bruit des moteurs diesel lances a pleins tubes (bien plus des 50 km/h habituels par chez nous), et le tremblement de mon lit chaque fois qu'un camoin passe, je me reveille en sursaut vers 5h du mat' tous les jours, week-end compris. En general, j'essaie de me rendormir, mais c'est pas facile quand toute la maisonnee se reveille a l'aube; et du coup, j'abandonne vers 6h30-7h. Le bon cote, c'est que j'ai le temps de faire tranquillement ma lessive avant de partir au boulot.
3) dernier point noir: Mimi, le chat. Cet idiot se promene sur le toit de tole toute la nuit en miaulant, et me donne l'impression qu'un troupeau de vaches fait sa desalpe juste au dessus de ma tete. J'ai tente d'expliquer au chat (en espagnol, bien sur) qu'il etait un chat, justement, et que pour cette raison il etait sense se mouvoir avec legerete, et non en faisant autant de bruit qu'un troupeau de ruminants. Mais le chat n'a pas compris mes explications. Ca a eu au moins le merite de faire rire ma famille.
4) petit dernier detail: dans ma maison vivent egalement 4 crapauds (je leur ai fait la chasse un jour pour les compter). En soi, ils ne me derangent pas. J'ai juste eu la frousse un jour ou j'entrais dans la douche, et que le plus gros des 4 a saute vers moi pour finir pas s'enfuir entre mes jambes. Je ne m'y attendais pas, et j'ai sursaute. Mais j'ai eu ma revanche il y a qq jours, quand c'est moi qui lui ai fait peur, et que le crapaud a saute droit contre la paroi du puit devant la douche (mais ferme par des planches, pour eviter les accidents), et qu'il s'est retrouve comme un idiot sur le dos. J'etais morte de rire pendant qu'il s'enfuyait vers le jardin, la ou il ferait mieux de rester.
J'avais aussi trois enormes cafards comme compagnons de chambre. Mais un jour, puisqu'ils n'avaient pas respecte mes regles qui sont simplement "Pas touche a mon lit ou a mes habits, et je t'embete pas non plus!" j'ai planifie leur genocide. Depuis leur assassinat, je n'ai pas revu un seul cafard.

Ma chambre est tres simple, mais tres grande, et mon lit bien confortable. J'habite chez la tante du president de la bibliotheque (qui s'appelle Mauricio). C'est la famille la plus pauvre que je connaisse ici (bien plus que la Marta), mais ils sont adorables avec moi et font tout pour que je me sente comme a la maison. Par exemple, Mauricio m'a prete un ventilateur rien que pour moi, pour que je ne souffre pas de la chaleur la nuit - tandis que le reste de la famille meurt de chaud. Et sa tante a installe un hamac rien que pour moi dans le corridor ou y a la douche, les WC, la pila, et les crapauds. En plus, ma chambre donne directement sur la rue et ferme a clef, si je veux etre independante. Mais dans les faits, je suis toujours avec la famille, donc je n'en ai pas vraiment l'utilite.
Dans ma maison vivent la grand-mere, la tante et les deux neveux de Mauricio. Sa niece de 3 ans m'adore et joue souvent avec moi. La tante aussi - et elle recherche souvent ma compagnie pour discuter. Elle m'a prete le livre "100 ans de solitude" de Gabriel Garcia Marquez, en espagnol bien sur. Maman, tu avais raison: ce livre est vraiment chouette !

Mauricio est en quelque sorte mon "chef" ici, meme s'il est plus jeune que moi (il a 24 ans). J'ajoute tout de suite qu'il est marie, pour ceux qui se feraient deja des idees. ;o)
Quand il m'a rencontre la premiere fois, il m'a avertie qu'il faudrait que je m'habitue a ses vannes, parce qu'ils en fait tout le temps. Pas de chance pour lui, je ne suis pas mauvaise a ce petit jeu, meme en espagnol. Ainsi, quand il a voulu se moquer gentiment de moi devant tout le monde, je lui ai renvoye la balle, et tout le monde a applaudi, disant qu'il avait trouve plus fort que lui.
En fait, je m'etais deja entrainee a Antigua avec un prof d'espagnol qui me taquinait tout le temps.
C'est Mauricio qui s'occupe de moi et qui veille a ce que tout se passe bien et que je ne me sente pas trop seule. Chaque matin a 8h, il vient me chercher en voiture pour m'emmener dejeuner chez ses parents, avec lesquels il vit en compagnie de sa femme. Ses parents ont l'age des miens, et sont tout amoureux l'une de l'autre, comme au premier jour. C'est chou, surtout dans un pays ou je ne connaissais que des couples divorces, jusqu'a present.
La femme de Mauricio, Sonia, 24 ans elle aussi, n'arrete pas de dire qu'elle m'admire. Et moi je la trouve sympa et tres jolie. Mais elle n'ose pas toujours discuter avec moi, c'est dommage.
A midi, je vais manger chez d'autres membres du projet de la bibliotheque; et le soir, je mange normalement avec la tante a la maison. Et le week-end, je vais manger chez Aida, la bibliothecaire de 22 ans, et ma meilleure amie ici.
Chaque fois que je rencontre qqn, il me presente a toute sa famille, ce qui fait qu'aujourd'hui je connais enormement de monde au village. Mes amis m'ont explique que c'etait parce que je suis la seule etrangere ici, que tout le monde me trouve tres jolie et exotique, et qu'ils sont fiers d'avoir une amie qui vient de tres loin. En plus, ils aiment beaucoup que je leur parle de tout ce qui est different de chez eux. Et je suis passablement bavarde, meme en espagnol.
Par exemple, je parle (tres superficiellement) de politique, d'economie et de social avec les adultes, et j'essaie de raconter la mythologie grecque aux enfants. Mais j'ai qq problemes quand il s'agit d'expliquer l'origine de l'hiver dans une region ou la poussiere est ce qui se rapproche le plus de la neige... Mais les enfants sont contents. Et pour jouer, on n'a pas toujours besoin de paroles. Le plus drole, c'est quand je jouais au memory avec la cousine d'Aida, qui a 5 ans: certaines fois, nous allions toutes les deux demander a sa mere comment s'appelait le truc dessine sur la carte. Et ca fait rigoler les enfants que je ne connaisse pas certains mots tres simples.

Entre mes amis de la bibli et leur famille, je ne suis jamais seule. Il y a toujours l'un d'eux pour m'inviter a manger un gateau, boire l'eau de coco de leur jardin, ou m'offrir des fruits de leur plantacion. C'est simple: je suis toujours en train de boire ou de manger ! Mais j'essaie gentiment de ne pas abuser, quoique ce soit tres difficile de refuser (desolee Maman si je prends du poids). Au debut, je croyais que c'etait la fondation qui payait tout pour moi, mais je commence a croire que ce sont les gens du village qui sont volontaires. Jusqu'a present, je n'ai absolument rien paye, pas meme une petite bouteille d'eau. J'ai bien essaye de dire que je pouvais me payer la glace du soir, mais ils ne veulent rien savoir. Ils m'offrent a boire meme quand je n'ai pas soif, et j'ai toujours droit au meilleur morceau de viande, a la plus grosse part de gateau ou au fruit le plus mur. Ils me traitent vraiment comme une reine, et je ne sais plus comment leur dire de ne pas en faire autant pour moi. En plus, ils s'inquietent toujours de savoir si je vais bien, si je ne suis pas malade avec leurs plats (delicieux, par ailleurs!) et si je ne suis pas trop triste loin de tout ce que je connais. Pour cela aussi, je ne suis pratiquement jamais seule, car ils ont peur que je m'ennuie dans leur village perdu. J'ai egalement eu plusieurs autres propositions de logement, ou cas ou je voudrais demenager et vivre dans une autre famille.
Ces gens sont d'une incroyable generosite et d'une gentillesse sans borne qui m'epate chaque jour ! De plus, ils ne cessent de repeter combien je leur suis sympatique et combien je vais leur manquer quand je partirai. Je ne sais pas si c'est de la simple politesse, mais c'est presque genant de plaire autant a tout le monde.
Mes amis d'ici m'ont aussi dit que si je voulais, ils pourraient me trouver un mari sans probleme. Mais je leur retorque que je ne suis pas une femme d'ici, qu'au contraire je suis bien independante, et que mon cher mari guatemalteque habitue a se faire servir aurait bien du mal avec moi. Ca les fait rigoler quand je leur explique que mon futur mari aura interet a savoir laver des casseroles, s'il veut que le mariage fonctionne... Donc ils ont abandonne leurs plans de rencontre, car aucun homme d'ici n'accepterait une telle situation. Quant aux femmes, elles admirent ma liberte.

A la bilbi, on ne travaille pas bcp. Pour le moment, la bibli est fermee, car nous sommes en train de tout repeindre. Mais il n'y a souvent qu'Aida et moi pour travailler. Les autres ne viennent nous aider que quelques heures par-ci, par-la. Il y a aussi qq enfants qui viennent nous aider, mais ils sont plus genants qu'efficaces. Cependant, on les laisse faire, car ca leur fait plaisir, et ca les occupe aussi. C'est comme ca que je me suis fais une grande amie de l'age de 6 ans environ. Lors des fetes, elle vient toujours s'asseoir a cote de moi un moment, et ne manque jamais de venir me dire bonjour dans la rue.
Nous n'avancons vraiment pas vite, car nous sommes tout le temps en train de faire des pauses aussi. Dans les premiers jours, Aida m'a emmenee visiter l'ecole d'a-cote, voir le terrain de foot et le cimetiere; et quand l'une de ses amies est passe dire bonjour, nous avons arrete de travailler pour discuter. De meme, lors de la fete des meres, Aida m'a dit qu'on ne travaillerait pas, car nous devions aller voir le spectacle des enfants: le matin, c'etait les enfants, l'apres.midi, les jeunes. Et nous n'avons pas avance a la bibli. Pour la taquiner, je lui dis que j'aimerais bien etre la pour la fete d'inauguration de la bibli (4e edition). Car ca fait 2 semaines que nous en sommes toujours a la peinture, et nous n'avons pas fini... Moi je voudrais travailler plus, mais je ne suis pas celle qui decide. En outre, Mauricio et Aida me disent que je dois aussi me reposer - mais je ne fais pratiquement que ca ! M'enfin, ca les regarde, s'ils ne veulent pas aller plus vite. Car ils ont rigole a ma proposition pourtant tres serieuse de travailler le soir quand il fait moins chaud. Nous ne vivons decidemment pas au pays du travail...

Car ici, il fait chaud. A plus de 40 degres, meme moi j'ai chaud. Mais quand ca redescend a 35 le soir, la je suis bien, et je fais tout pour eviter les ventilos-qui-refroidissent. Ils ont fini par se faire une raison concernant les ventilos, et desormais les gardent pour eux. Peut-etre que j'arriverai egalement un jour a leur faire diminuer la quantite de nourriture qu'ils s'obstinent a vouloir me faire ingurgiter. Je commence un peu a les convaincre en leur expliquant que le jour ou je ne rentre plus dans mes pantalons, je serai bien embetee pour sortir et leur rendre visite.

Dimanche passe, Mauricio a emmene toute l'equipe de la bibli et qq membres de sa famille a Rio Dulce, un lieu touristique ou il y a une grande riviere dans laquelle on peut se baigner (car le rio Montagua pres de chez moi est trop peu profond), et pres de laquelle on pouvait aussi visiter un petit chateau. Nous avons fait plein de photos (comme ca vous aurez qq photos de group avec moi au milieu) et passe une excellente journee tous ensemble. J'ai vraiment l'impression de faire partie d'une grande famille ici !
Demain, nous irons peut-etre visiter les ruines mayas de Quirigua. Ca dependra de Mauricio, car c'est le seul qui possede une voiture.
Bref, tout est vraiment genial ici !!!

Je ne sais pas si je pourrai revenir a Morales pour vous ecrire a nouveau avant la fin du mois. Mais de toute facon, je vous ecrirai la prochaine fois que je serai en ville. Car je compte ensuite visiter le pays des moustiques un plus plus au nord, et pousser jusqu'a Tikal, pour ensuite redescendre vers les montagnes et le froid. Et je retournerai tres probablement a Antigua avant de partir pour le Perou, car je n'ai pas assez bien dit adieu a mes profs preferes.

J'ai pas le temps de me relire (pour les fautes d'ortho ou de frappe), ni de repondre aux emails individuels, desolee. Donc merci a ceux qui m'ecrivent et qui me donnent de leurs nouvelles: ca me fait toujours autant plaisir !


A tous, je vous envoie de gros bisous campagnards !!!
A dans moins d'un mois au plus tard !


Perrine
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